Le Climatoscope
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Introduction
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Mobilité, transports et urbanisme

Se déplacer fait partie intégrante de la condition humaine. Notre mobilité est essentielle pour travailler, retrouver nos proches, accéder aux biens et aux services ou encore découvrir de nouveaux horizons. Au fil du temps, les progrès des transports et des technologies ont profondément transformé cette mobilité, réduisant le temps nécessaire pour parcourir de longues distances et multipliant les possibilités de déplacement.

Si ces avancées ont facilité la circulation des personnes et des biens, elles soulèvent aujourd’hui des défis majeurs. En effet, une grande partie de nos déplacements repose encore principalement sur les énergies fossiles, faisant de la mobilité l’un des principaux enjeux de la transition climatique. Au Québec, le secteur des transports constitue la principale source d’émissions de gaz à effet de serre (GES), représentant près de la moitié des émissions de la province. À cela s’ajoutent les enjeux de congestion routière, de pollution de l’air, d’étalement urbain, d’occupation des milieux naturels, d’inégalités d’accès aux transports, ainsi que leurs répercussions sur la santé et la sécurité de la population.

Pour répondre à ces défis, la mobilité durable apparaît comme une voie à privilégier. Selon la Politique de mobilité durable 2030 du Québec, la mobilité est durable si elle est efficace, sécuritaire, pérenne, équitable, intégrée au milieu et compatible avec la santé humaine et les écosystèmes.

Mais où en sommes-nous aujourd’hui dans notre trajectoire vers une mobilité durable?

Un bref survol des principales composantes de la mobilité durable révèle des défis persistants. Sur le plan de l’efficacité, les Montréalais et Montréalaises perdent encore en moyenne 63 heures par année dans les embouteillages, selon la firme INRIX1. La sécurité constitue également un enjeu toujours préoccupant : en 2024, 80 piétons ou piétonnes ont perdu la vie au Québec, soit 29 % de plus qu’en 20232. L’équité demeure elle aussi inachevée, alors que 83 % de la population urbaine habite à moins de 500 mètres d’un arrêt de transport collectif, contre seulement 14 % en milieu rural3. Enfin, concernant la compatibilité avec la santé humaine, la pollution atmosphérique des transports motorisés pourrait être responsable de près de 3 600 décès prématurés d’ici 2040 dans les régions de Montréal et de Toronto44.

Ces constats montrent que la route est encore longue pour faire de la mobilité un modèle réellement durable. Ils rappellent également que cette transition nécessitera une combinaison de solutions technologiques, politiques, territoriales et sociales.

C’est précisément dans cet esprit que s’inscrit ce huitième numéro de Climatoscope. Les contributions réunies explorent plusieurs leviers et défis de la transition vers une mobilité plus durable. Elles abordent notamment la réduction de l’utilisation de l’automobile en solo (voir M. Pedinotti-Castelle et al.), l’électrification des flottes municipales (voir A. de Bortoli et al.), la décarbonation du transport des marchandises (voir J.-F. Lefebvre et F. Joly-Edmond), les modes de mobilité douce, comme le vélo électrique (voir H. Chevalier et J. Laviolette) ou la marche (voir Y.-M. Abraham), et collective, comme le transport ferroviaire (voir V. Andriès et al.).

Au-delà des solutions techniques, ce numéro s’intéresse aussi aux dimensions politiques et sociales de la mobilité durable. Les auteurs analysent notamment l’évolution des politiques publiques (voir S.-J. Vincent et al. ; A. Chaloux et J. Boudreau), les enjeux liés à la communication auprès des citoyens et citoyennes (voir S. Bédard et al.), ainsi que le rôle des jeunes (voir R. Bouhid; M. Barbosa Da Torre et al.) et des décideurs (voir D. Demers-Bouffard et al.) dans l’accélération de cette transition.

Au moment où paraîtra ce numéro, les élections générales québécoises et les élections partielles fédérales de 2026 auront livré leur verdict. Quelle qu’en soit leur issue, la mobilité devra être une priorité politique, puisqu’elle touche directement le coût de la vie, la sécurité, l’accès à un environnement sain, ainsi que la qualité de vie de
l’ensemble de la population. Œuvrer à une mobilité durable, c’est bâtir un territoire plus accessible, sécuritaire, équitable et résilient pour tous et toutes.

Bonne lecture !

L’équipe de Climatoscope 360

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